Dans ma besace de Podcasts : Les Pieds sur Terre

J’ai toujours été une enfant de la radio. Cela ne m’empêchait pas de regarder la télévision à la maison lorsque j’étais petite, mais autant que je me souvienne, la radio a toujours été très présente. Toute petite, ma mère m’avait acheté les cassettes de l’émission L’oreille en colimaçon. Un véritable éveil à la musique, je me souviens encore parfaitement du générique ! En grandissant, j’étais branchée sur « Super Loustics », que j’écoutais en jouant dans ma chambre. Et par la suite, avant même d’écouter mes premières émissions de libre-antenne (comme beaucoup d’adolescents des années 90), j’écoutais Fréquence Mômes sur France Inter, une émission présentée à l’époque par William Leymergie. Mon père me l’enregistrait consciencieusement chaque semaine, et je le réécoutais sur cassette. Dans chaque émission, deux enfants témoignaient au sujet de leur quotidien ou d’une histoire particulière qui leur était arrivée. C’était vraiment intéressant et j’étais captivée par leurs récits, même s’il s’agissait juste de leur vie de tous les jours : sans doute parce qu’ils le racontaient bien. D’ailleurs, en début d’émission, un groupe d’enfants en micro-trottoir commentait l’actualité, avec déjà un esprit critique assez aiguisé. J’étais entre le CM2 et la sixième et ces enfants étaient à peu près du même âge que moi. Au milieu de l’émission, entre les deux témoignages d’enfants, une personnalité venait raconter son enfance : je me souviens ainsi d’avoir été marquée par l’enfance de Marcel Gotlib, racontée par lui-même.

Ce sont peut-être toutes ces émissions qui m’ont donné goût aux émissions de radio, et particulièrement à la voix à la radio : les émissions où les gens parlent. Certains zappent lorsqu’ils entendent du « bla bla » à la radio, moi c’est tout le contraire ! On retient tellement bien avec la voix, on enregistre tout, on s’imprègne de tout. Les émissions à dimension testimoniale, des « mini morceaux de sociologie » accessibles à tous, ce sont les formats que je préfère.

Dans un article précédent, je vous parlais de La Poudre. Aujourd’hui je vous parle des Pieds sur Terre. Une émission que j’écoute en direct ou en podcast depuis maintenant bien longtemps.

Les Pieds sur Terre c’est quoi ?

Les Pieds sur Terre, c’est une photographie de l’humanité dans toute son authenticité et ses contradictions à un moment précis. Et c’est ce qui fait sa force, au-delà du choix des sujets. Au départ, ce n’est pas un podcast mais une émission de radio, qui se prête complètement au format podcast. Et depuis quelques temps, je ne l’écoute plus qu’en podcast.  Le format a quelque peu changé depuis quelques années, mais en général c’est une ou plusieurs histoires vécues sur un thème précis, racontée(s) par deux à trois personnes comme vous et moi qui s’expriment (sans qu’on entende les questions de l’intervieweur ou alors très rarement, sur une relance).

La durée : environ trente minutes d’immersion, dans un quotidien à deux pas de chez nous ou à l’autre bout du monde, qui paraissent cinq minutes. Parfois, les émissions se font en plusieurs volets. Ainsi, lors des élections présidentielles il y a eu plusieurs épisodes de repas de famille, au cours desquels des gens « de gauche » ou  « de droite » débattaient entre eux, avec l’impression d’être invité chez ces gens et de les écouter débattre. Etre attablé avec eux et se nourrir de ce qu’ils disent, écouter leurs arguments comme si on discutait avec ses amis.

L’émission peut parler du monde du travail, d’histoires de trahison, d’histoires de famille, de combats politiques, de moments historiques avec des gens qui se souviennent précisément de ce qu’ils ont vécu à l’époque, d’histoires un peu plus légères, de l’hypnose pour maigrir en passant par la croisière des seniors. Cela peut être une immersion dans un lycée ou un hôpital aussi, où on assiste aux échanges des gens qui y travaillent, comme si on était sur le pas de la porte ou dans la même pièce qu’eux. Parfois, le sujet est grave. Ainsi il y a quelques jours, l’émission était consacrée à la parole d’Assa Traoré, sœur d’Adama. Une autre fois, il s’agissait de l’histoire ancienne militante FN tombée amoureuse d’un migrant à Calais.

À chaque fois, la remise en contexte avec une brillante intro de Sonia Kronlund, qui anime et produit l’émission, permet d’avoir un angle d’écoute. Et même s’il y a parfois un parti pris discrètement dévoilé dans le choix de cet angle, on garde une oreille indépendante et comblée pendant l’écoute.

J’adore écouter Les Pieds sur Terre, surtout lorsque je dois faire des choses plus « mécaniques » comme ranger mon appartement, faire du ménage… Mais je remarque que je ne suis pas très efficace dans ces cas-là ! Du coup je me suis complètement reconnue lorsque j’ai lu un jour, dans cette interview de la productrice, cette citation : « J’aime par-dessus tout écouter la radio en rangeant. Meilleure est l’émission, moins bon est le rangement… Car le but – surtout d’un documentaire ou d’un reportage – est de vous faire cesser toute activité, y compris le rangement, pour l’écouter captivée, en regardant le transistor ou le smartphone et en riant (ou pleurant) toute seule ». (Sonia Kronlund dans une interview donnée à Télérama en octobre 2016)

Et vous, vous aimez les podcasts ? Vous en écoutez souvent ? Des suggestions d’écoute ? Dites-moi tout en commentaire !

Les Pieds sur Terre, du lundi au vendredi de 13h30 à 14h sur France Culture

 

 

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